1954, Jean Rédélé rompt les accords avec Plasticar et proposera à Renault de racheter les châssis de 4CV. En effet, Charles Escoffier le beau-père de Jean Rédélé va financer la production d’un coach chez les frères Chappe et Chessalin. Sur la base de châssis de 4CV à peine modifié est collé (en fait pris en sandwich avec un procédé dont les carrossiers ont alors la primeur) la carrosserie coach. Jean Rédélé n’est pas complètement oublié. Charles Escoffier lui propose de s’associer dans cette affaire. C’est sur les succès en course du Dieppois que veut capitaliser le parisien. Le premier prototype s’appelle d’ailleurs 4CV Alpine en référence à la seconde place qu’à pris Rédélé au Critérium des Alpes 1954.
Ainsi, c’est en janvier 1955 que va naitre la première Alpine de l’histoire, la A106. Cette première auto est présentée à la direction de Renault en Février 1955 et reçoit le feu vert pour aller plus loin. Le numéro 106 est issu du type mine des 4CV de l’époque, les 1060, 1062 et 1063. La société Alpine est créée à Paris, 13 rue Forest, le 6 Juillet 1955 et c’est là que son assemblées les trois premières autos, une bleue, une rouge et une blanche. Les trois autos sont présentées à Boulogne quelques jours plus tard. Elles ne s’appellent plus 4CV Alpine mais Alpine A106. La Régie Renault voit avec une certaine méfiance naître une marque sportive, empruntant tous les éléments mécaniques à la 4CV. Une demande est même écrite à Rédélé pour qu’il enlève le nom de Renault au catalogue de l’Alpine.
Cette voiture est présentée au salon de Paris 1955 sous le nom de « Alpine Mille Miles » en souvenir à ses victoires dans les rallyes précédents et au Mille Miles. Le moteur est donc dérivé de celui de la 4CV. Avec 747 cm³ il obtient ses 21ch par un carbu double-corps Solex, bien aidé par des pistons et une culasse en alliage léger comme on dit à l’époque. Le moteur transmet la puissance aux roues arrière par une boîte 3 vitesses ou une 5 vitesse proposée en option. Autre option, une préparation moteur signée Marc Mignotet avec une cylindrée de 904 cm3 et la puissance augmentée à 59 ch.
Jean Rédélé veut à tout prix avoir son mot à dire et veut modifier l’auto, en particulier au niveau des trains roulants. Si c’est refusé pour le modèle « de base », finalement la version Mille Miles apparaît en 1956. L’arrière fait appel à un système à quatre amortisseurs. En plus la voiture est propulsée par le moteur de la 4CV 1063 et ses carbus Weber qui sort 38ch ! La vitesse de pointe passe à 145 km/h. Le modèle se distingue par des clignotants à l’avant et un nouveau pare-brise spécifique en lieu et place de la lunette arrière de Renault Frégate.
Charles Escoffier passe commande aux frères Chappe et Chessalin d’un cabriolet pour l’exposer au « Salon de l’Automobile » de Paris en octobre 1956. Il ne sera jamais commercialisé.
Jean Rédélé passe commande d’un troisième modèle à Michelotti. Ce sera un cabriolet, en réponse à celui proposé par Chappe et Gessalin. Fin décembre 1956, Michelle et Jean Rédélé vont voir le prototype sur place à Turin et l’auto est livrée à Dieppe en janvier 1957. Au salon de Paris 1957 le grand public découvre l’Alpine A106 Cabriolet. Le style de ce cabriolet aux lignes pures et simples va marquer définitivement Alpine.
Jean Rédélé en profite pour créer sa propre société, RDL, à Dieppe et va y construire cette auto. Il a gagné son bras de fer puisque « son » projet dessiné par Michelotti s’impose contre celui d’Escoffier réalisé par Chappe et Gessalin ! De fait Rédélé a pu (enfin) apporter un renfort à l’avant de l’auto. Relativement léger il change énormément le comportement de l’auto.
Et puis le cabriolet Michelotti reçoit un toit pour devenir un coupé.
Renault a depuis peu agrandi sa gamme avec la sortie de la Dauphine. Rédélé équipe les voitures fabriquées à Dieppe soit du moteur de la 4CV pour l’A106 et également de la mécanique de la Dauphine pour devenir une A108.
En 1958 Jean Rédélé rencontre un industriel Belge, Gilles Smal qui produira quelques exemplaires d’A106 reconnaissables aux feux intégrés.
L’A106 a été produite jusqu’en 1961 avec 251 exemplaires tout modèles confondus.
